Act In Space 2026

Le spatial s'invite à domicile. Après une année d'absence, le hackathon international Act In Space a fait son grand retour en 2026, avec une escale inédite dans les locaux de SUPMICROTECH du 30 au 31 janvier. Bastien Stefanello (Mu Space) revient sur cette aventure humaine unique, de la gestion du stress au pitch final.


En quelques mots, qu’est-ce que Act In Space ?


    Act In Space est un hackathon international biannuel opéré par le Centre National d’Etudes Spatial (CNES). Pendant vingt-quatre heures, il va falloir en équipe de deux à cinq trouver une solution technique à un enjeu du secteur spatial (dont la liste est pré-établie) pour à la fin présenter devant un jury d’acteurs industriels une façon de la rendre viable. Il faut donc allier créativité et pragmatisme.

©MuSpace


Comment s’intègrent les compétences de l’ingénieur dans cette épreuve ?


    Il y a une forte part de soft skill liée au travail en équipe, ici pas de chef seule compte la nécessité d’avancer. La division du travail se fait assez naturellement, chacun sait comment il peut contribuer le plus. Les compétences techniques, en revanche, jouent un rôle très différent ; elles doivent servir à bien comprendre le cadre du problème et les implications de la solution proposée. La difficulté avec le bagage scientifique et technique est que les étudiants ont du mal à s’en séparer pour penser business et besoin client, mais il permet d’aller relativement vite sur le contour de la solution, ce qui est un avantage.


En quoi cette édition 2026 était-elle spéciale ?


    En 2025, ActInSpace s’était retrouvé annulé au niveau du CNES, 2026 marquait donc le retour de l’événement. Mais, en plus de cela, l’édition 2026 porté par le Pôle des MicroTechniques en Bourgogne-Franche-Comté a eu lieu dans les locaux de Supmicrotech, une première ! De plus, les défis sont nombreux, il y en a vingt-huit réparties en quatre catégories : be a newspace player #SPACE4.0, everyday life business, fly to moon and beyond, et space for earth & humanity.


Le temps ne manque-t-il pas trop ?


    Evidemment, chaque équipe gère son temps différemment : certaines préféreront être bien reposées et choisiront de dormir tôt et de reprendre un peu tard, quand d’autres maximiseront le temps de travail parfois au défaut de l’efficacité. Le piège est d’oublier qu’il faut être en forme pour pitcher, or les présentations orales demandent un peu d’habitude pour être complétement à l’aise. La présence d’extérieurs pour l’aspect technique et surtout pour la conception du business model rend le défi possible en vingt-quatre heures en mettant les équipes sur la bonne voie au plus tôt.

©PMT

Que retirer de cette expérience ?


    La première chose, c’est l’aventure humaine, se retrouver enfermés à collaborer non-stop avec des personnes qui nous étaient parfois totalement inconnues en arrivant nous montre qu’avec un peu de bon sens tout est possible. Ensuite, il y a l’approche business qui dénote avec le cursus à SUPMICROTECH, c’est une façon supplémentaire de percevoir son environnement et d’aborder un problème. Enfin, il y a l’humilité, c’est au moment de présenter que l’on se rend compte des trous dans la raquette, mais aussi du chemin parcouru depuis la veille, cela nous rend fier et humble devant notre production.


Est-ce souvent que le Mu Space participe à des évènements du CNES ?


    En dehors d’Act In Space, le Mu Space est en partenariat avec le CNES et permet de s’investir dans des missions semestrielles d’ingénierie dans le cadre du projet PERSEUS dédié aux étudiants. D’ailleurs, trois étudiants du Mu Space étaient fin janvier sur le campus de Centrale-Supélec pour présenter les travaux faits ce semestre au séminaire organisé par le CNES. Ces activités se rapprochent des missions d’un stage ce qui constitue une source d’expérience supplémentaire.

©CNES


A quelle prochaine occasion peut-on vous retrouver ?


    Vous pourrez retrouver le Mu Space dès le début de semestre de Printemps pour le projet PERSEUS et la suite du projet de fabrication d’un télescope cofinancée par la CVEC. Autrement, il faudra attendre 2027 pour la sortie au Salon du Bourget, et 2028 pour Act In Space.


Bastien STEFANELLO, pour le Mu Space