Stéphanie PELLETIER (MAYOT)

La diversité du métier d’ingénieur.e (2001)

Stéphanie PELLETIER a été diplômée de SUPMICROTECH (ENSMM à l’époque) en 2001, après avoir réalisé un double diplôme à la Karlsruhe University of Applied Sciences. Le parcours de Stéphanie, ancré dans le secteur automobile, se distingue avant tout par une soif constante d’apprendre et de monter en compétences.

 

Pourriez-vous nous parler de votre parcours à l'école ? (cursus d'origine, promotion, parcours, option choisie...)


J’étais plutôt bonne en mathématiques et physique au lycée, je me suis donc orientée vers des études d’ingénieurs, même si personne dans mon entourage n’exerçait cette fonction. Je suis passée par une classe préparatoire MPSI à Reims.  
Etant très motivée par l’idée de travailler en Allemagne, j’ai choisi d’intégrer SUPMICROTECH car il y avait un cursus avec la Karlsruhe University of Applied Sciences. J’ai pu me rendre au sein de cette dernière en deuxième année. Une fois mon diplôme obtenu, j’ai trouvé un premier poste en Allemagne, mais cela s’est avéré compliqué. A l’époque, on ne donnait pas de responsabilités à des femmes, qui plus est une jeune diplômée. 


Qu’est-ce qui vous a marqué lors de votre formation ? 


Justement lors de mon échange à Karlsruhe, il n’y avait que des hommes, les 4 seules femmes élèves-ingénieures venaient de l’ENSMM !


Pourriez-vous nous retracer votre carrière ? 


Suite à cette petite expérience en Allemagne, j’ai trouvé un poste en région parisienne dans une entreprise Allemande FTE Automotive GmbH en tant qu’ingénieure application pour des systèmes de commande hydraulique d’embrayage. J’étais en quelque sorte la porte d’entrée pour toutes les questions techniques des clients automobiles Français à destination de l’équipementier Allemand. J’y suis restée de 2002 à 2008.


Après avoir eu 2 enfants, j’ai choisi de suivre mon mari à Lyon où j’ai retrouvé un poste dans l’automobile, cette fois dans une entreprise japonaise : JTEKT.


J’étais cheffe de projet validation, en particulier auprès des clients allemands de 2009 à 2014, responsable de définir et faire réaliser le plan de validation d’un système de direction assistée. 


Après avoir eu mon troisième enfant, j’ai fait un bilan de compétences, ce qui a été très instructif et je me suis réorientée sur un poste d’ingénieure développement qualité dans la même entreprise. Mon rôle était alors de coordonner les équipes qualité fournisseur de toute l’Europe afin d’harmoniser le système qualité fournisseurs dans les différentes usines. 


Depuis janvier 2023, j’ai rejoint SYMBIO, à Lyon, qui était à l’origine une startup et qui est dorénavant une grande entreprise avec une giga-factory. Je travaille toujours à la qualité, en tant que responsable qualité projet pour des applications de pile à hydrogène à destination des bus, camions et des véhicules utilitaires. C’est une mission très intéressante car nous partons d’une page blanche, il faut réfléchir à tout, envisager tous les risques du développement et du produit qui est très complexe. Je travaille sur la mise en place du plan de surveillance approprié pour la mise en série d’une gamme de piles à hydrogène qui seront produites en série dans notre immense salle blanche. D’ailleurs, le Start Of Production (SOP) est prévu pour juillet 2026 ! 


Qu'est-ce qui vous plait le plus dans votre métier ?


Je dirais que c’est d’être utile. J’ai finalement fait ma carrière dans l’automobile par hasard et m’orienter vers les énergies vertes et vers un mode de transport vertueux et décarboné, cela correspond davantage à mes valeurs. Aussi, j’ai dû me former sur cette nouvelle technologie qu’est la pile à hydrogène, c’est vraiment nouveau et il y a une composante chimie que je n’avais pas du tout, ni dans ma formation, ni dans mes précédentes expériences.

L’avantage avec un diplôme d’ingénieur, c’est qu’il nous donne la possibilité de changer de poste, de projet, de métier facilement. On apprend donc toute sa vie de nouvelles choses !


Être une femme a-t-il été un sujet dans votre carrière ? 


Oui, indéniablement. Comme je l’ai expliqué, en Allemagne, il était compliqué d’être une femme et d’avoir un poste élevé. Ma carrière en France a été entrecoupée par l’arrivée de chacune de mes 3 filles et j’ai travaillé à temps partiel (80%) après l’arrivée de la troisième. Les congés maternité et le fait d’avoir mon mercredi ont parfois été source de réflexions, mais c’est bien la qualité de mon travail et mon engagement qui ont compté. Je dirais que je n’ai pas forcément eu les mêmes opportunités d’évolution qu’un homme, mais j’ai réussi à mener ma vie de famille et ma carrière et j’en suis épanouie ! 


Quel conseil donneriez-vous aux élèves actuellement à l'école ?


Il ne faut pas hésiter à évoluer, à changer de poste ou d’employeur, il faut même être volontaire au changement, c’est là qu’on apprend le plus de choses !
Ne pas mettre de côté son rôle de parents, sa vie familiale ou personnelle. 
Et surtout, apprenez des langues, que ce soit l’anglais, l’allemand, le chinois et/ou le japonais, c’est important, cela peut vous ouvrir de nombreuses portes.